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12 mars 2005 - RCP / Barreau de Dublin (par Solo)

La Cuvée de Guiness ou les Sioux de Donnybrook

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Après l'aventure londonienne et la belle première victoire sur la Law Society de Cardiff, se profilait comme ultime étape hivernale le défi irlandais et les mythiques soirées dans Dublin.

Nos matchs gagnés sur nos terres et celles de Bobigny, Charléty et du Haras Lupin laissaient entrevoir l'espoir de remporter une première victoire outre-manche, devant la Law Society of Dublin, annoncée composée ad hoc pour l'occasion.

Mais l'irlandais est malin et dans une situation qu'il pressent chaotique peut user des vieilles ficelles des équipes un peu justes pour que le vecteur de la gagne se recale sur elles.

À Paris, la semaine se consacrait à une séquence diaporama d'hommage jubilatoire à la classe de PADRÉ et racontait par là quelques beaux chapitres du club.

On jouait aussi un jeu de chaise musicale sans fin pour savoir qui serait au final les 23 à venir sur la terre celte, via Beauvais et ses taxis-brousse ou via le Falcon privé, qui m'attendait présidentiellement en sortie d'audience.

Le jeune Clément prenait la première place laissée par le bon ROYCO, retenu par le CIO. Avant que pris de fièvres ou d'obligations, ZAPATA, BERNARDO, LE ROUGE et TRUFFIER ne cèdent leurs sésames dans la dernière ligne droite respectivement au SPHINX, à PRINZ (nouveau nom de Baptême de Brice), à BROUSSAILLE (Tristan et frère de Dove dans le civil) de retour avec son pote Benoît.

TRUFFIER dernier désisté, désemparé par la manipulation des agendas papiers et électroniques et bloqué pour cause de mariage mal noté ratait l'étape de son exil et le défi du fighting spirit cher à son cœur.

Notre LACAZ adoré gardait son flegme légendaire qui impressionne tant les filles à boire et gérait les encaissements et décaissements sans la moindre crispation. SPLUG en hôtelier tous risques savait quant à lui qu'il n'y a pas de problème de chambres quand il n'y a que des chambrées.

Focalisés, aussi peut être, comme le reste du Bureau, par les surprenantes questions de nos adversaires, pourtant premiers stigmates de leurs techniques de sioux, éprouvés depuis des lustres mais qui fonctionnent encore : la preuve.

Grosso Modo, deux questions principales sortent des rituels de l'organisation et des horaires d'arrivée et de match.

La première : Où dînez-vous vendredi soir à la sortie de l'avion ? 

Ce qui aura comme traduction exacte : Nous vous proposons que l'un d'entre nous vous saoule à la Guinness et au vin chilien avant de vous balader en ville la nuit durant. Connu mais toujours efficace.

La seconde : Avez-vous une assurance ?

Entendez, car nous, composés de bric et de broc pour l'occasion et pour vous faire plaisir il faut que l'on s'occupe de trouver une mutuelle. On entend presque : Et pourquoi pas des crampons en 40 fillettes, car ça fait longtemps qu'on n'a pas joué…

Endormis par cette masquante convivialité, par les promesses ou les souvenirs des nuits irlandaises, le Bureau acceptait cette prise en charge de la première soirée, la Reine Lynette s'occupera de la logistique du Saturday night.

On boira ainsi dès le vendredi soir avec le bon Jeremy, l'œil perçant et clair de l'homme à femmes et à combines, les Guinness et le vin chilien.

Dans un resto que l'on partage avec des supporters français d'un autre âge, qui n'ont jamais eu la conscience de leur physique et de l'image de lourdauds qu'ils donnaient.

À la sortie, Un dernier verre avant le coucher est notre karma du moment et nous sommes dans l'air frais, les mains dans les poches et les pieds dans Temple Bar, dont le nom parle tout seul.

Jeremy, très savant, en emmène quelques-uns dans un Pub excentré où une brochette de ses copines de bureau, attendent le french flair et que le compteur du manque de sommeil tourne en faveur des locaux.

Le fait d'arme de la soirée revient incontestablement à Broussaille. Seul à n'avoir été que peu impressionné par la qualité des desserts empoisonnés et qui sur sa lancée décidera dans le Pub des copines de mélanger les langues à une peu farouche et bien charpentée qui lancera de suite « Raoul ! » le cri qui dessaoule dans la cuvette des waters.

Et bis raepetita au second baiser…

De quoi allumer la chaudière déréglée de ses cauchemars les plus fous dont témoigneront les yeux rougis de ses room-mates.

On s'était ainsi rapatrié dans le cœur de la nuit par petits groupes vers notre auberge Roots sur les quais de Dublin, à une encablure des Pubs.

Auberge, avec chambrées à lits superposés en ferrailles, côté lampadaires ou côté Parking, à 2 mètres du nez dans tous les cas. Et sauf la Broussaille's room, on dormait à peu près jusqu'au lever du jour.

Au matin, chacun se rassemblait dans les canapés de la salle à manger et complétait le frugal buffet proposé par le sovkhoze par les barres de céréales, les bananes, jus d'orange, et autres produits frais sortis des poches présidentielles ; reliquat invraisemblable des plateaux repas de son avion privé et plus plausible de sa promenade matinale à la recherche d'un bistrotier, d'un café et de L'Équipe…

Rien de tout cela n'étant disponible dans le DUBLIN du matin, les courses chez l'épicier devenait l'évidence.

Les taxis nous emmenaient  ensuite par grappes vers DONNYBROOK, ses aires de Rugby et son terrain du OLD BELVEDERE RUGBY CLUB.

"Splendide et mythique" avait lancé Zapata lamémoire dans le creux de la semaine, c'est-à-dire entre 2 évènements du RCP.

Regroupés sur le parking et rejoint par le mythique couple Franco-Irlandais : Lynette et LATEX (Philippe dans son ancienne vie), nous faisons timidement tourner un ballon en attente d'adversaires qui tergiversent à se présenter, autre ancestrale technique indienne usée dans toute l'ovalie.

Les vestiaires taille enfants nous séparent en trois et on se regroupe pour baptiser PRINZ et LATEX (soyez fiers de vous, une nouvelle vie commence) et pour écouter, Forest et Chewbah', le coach et le captain, qui parlent de têtes fatiguées (et pour cause) mais surtout d'esprit d'équipe et de solidarité face à des joueurs qui ne se connaissent pas (sauf 2 fois par semaine dans le club hébergeur pour une bonne partie) et contre qui on se doit de jouer notre jeu en attaque et en défense. On sort concentrés et groupés.

On est, en plus de Padré, 22 prêts à jouer et à rentrer ensemble sur le pré du Old Belvédère avec, sous l'annonce de Forest :

         En première ligne : CARIBOU, LACAZ et MISTER T

         En deuxième ligne : SPLUG et CHEWBAH

         En troisième ligne : FOREST, DOVE et BROUSSAILLE

         À la charnière : Clément et LATEX

         Au centre : SCARABÉE et KRO

         Aux ailes : Oudy et TARMAK d'un  côté et SPHINX de l'autre (dixit Coach)

         À l'arrière : ma pomme

         Au soutien : PRINZ, PARAGUAY, EDDY, MINI MOI, JIPI, BAT'GOUGE et Benoît

Nos adversaires jouent en maillot blanc et numéro vert irlandais dans le dos, avec le sponsoring de la laverie du coin affiché sur le poitrail comme les bons clubs de division d'honneur de nos enfances.

L'arbitre porte lui tous ses espoirs de l'après-midi et du Slam en arborant le maillot de l'équipe nationale.

Les sollicitors sont sûrement ou probablement ou peut-être, on en sait trop rien en fait, les plus nombreux dans leurs rangs mais il y a aussi des joueurs du club de DONNYBROOK et, on peut dire que les premiers sont accompagnés plus que renforcés, le niveau d'ensemble étant très homogène.

En fait la moitié de l'équipe joue dans ce club et s'entraîne ensemble deux fois par semaine après le bureau ; certains ont comme activité civile avocat.

Dans notre ignorance de cette dernière technique indienne qui consiste à se dévaloriser, nous ferons très bonne figure pendant toute la première mi-temps en dominant sans pouvoir marquer.

En remontant tous les ballons de contre qu'ils nous offrent, sans pouvoir jouer en première main par ailleurs.

Eux écartent leurs ballons et jouent avec leurs centres lancés et qui se redoublent. LATEX, SCARABÉE et KRO ont de l'abattage à fournir.

KRO sortira pour panser ses côtes endolories. SPHINX viendra de son aile prendre sa place au centre tandis qu'EDDY rentre ailier.

SPHINX, quelques actions plus loin, asphyxié et les étoiles de l'hypo-glycémie devant les yeux sortira remplacé par MINI MOI.

On avait l'air fatigué, On l'était aussi. Et on ne joue quasiment pas une action en première main. Bref, on occupe le terrain et ils ont le ballon.

Pourtant, la touche est équilibrée et les mauls vont dans les deux sens.

À la première mêlée, CARIBOU préfère permuter avec GHISLAIN pour changer de vis-à-vis, annoncé 38 printemps et un parcours d'ancien international, s'il vous plaît.

Notre MISTER T national dira plus tard au club house, les mains dans les poches arrière du jean, avec la pudeur lapidaire des hommes de pile et le menton qui se lève :  "Il était dur et vicieux ce con. Il m'a brassé les côtes".

Mais notre pote a tenu ses 80 minutes sans complainte, sans faculté de substitution non plus, accompagné d'un CARIBOU sacrificiel pour l'autre pile et de LACAZ puis PRINZ, au talon, sans que les mêlées ne souffrent de reculade et de pertes de ballons sur nos introductions.

Le combat des 1mètre5O est ici certain et discrètement équilibré pour l'observateur.

Le combat se fait, en revanche, plus cabot dans l'affrontement sensible des troisièmes lignes. Côté RCP par FOREST affublé des 2 frérots LINGLART qui sont d'humeur généreuse, sourire banane et taquets placés.

Les stries et hématomes sur les jambes des nordistes montrent qu'ils se sont amusés.

La main en forme de gyrophare de FOREST  rappelle qu'il a lui aussi châtié et subi des représailles.

Même s'il a compris qu'il y avait un morceau cassé dans sa main gauche, FOREST est décidé à ne rien lâcher et à tenir la dragée du combat d'avants, jusqu'au bout des 2 fois 35 minutes annoncées.

Mais les Sioux de DONNYBROOK qui sont prenables et qui n'arrivent pas à poser leur empreinte sur le match arrivent à passer une première fois par leurs arrières en nous débordant par des longues passes vissées et des 3/4 lancés.

Le jeu de courses et la fatigue qui va avec…

7-0 à la pause.

On se motive et se re-motive d'autant que le vent sera désormais avec nous et que les avants jouent leur match en ne lâchant rien.

PADRÉ nous persuade qu'on peut faire quelque chose. Les frérots dressent les grandes lignes du contrat de Tchétchène qu'ils écrivent sur l'avenir du 8 adverse.

FOREST prend le temps de constater que les changements se font avant de repartir pour une deuxième mi-temps qui va pourtant vite tourner à leur avantage. BAT GOUGE et JIPI rentrent aux ailes, PARAGUAY en 2ème latte.

Les irlandais nous proposent un jeu de club qui sans avancer à 200 à l'heure (comme contre les anglais) est très fluide dans les transmissions, les longues passes qui déplacent le jeu et des joueurs physiques qui savent tenir le ballon, gratter et plonger pour repartir de plus belle autour d'un 10 qui joue en pivot.

C'est donc au centre après 1 ou 2 temps de jeu qu'ils peuvent s'engouffrer pour des longues courses avec des 2 contre 1 ou des 4 contre 2 dans une ambiance de répétition générale.

On en prend 5 de plus dont 3 plantés entre les poteaux et transformés.

38 à 0 et quelques-unes de leurs occasions vendangées par eux ou avortées par une défense qui prend l'eau mais qui ne veut pas complètement céder.

Nous nous avons très peu d'occasions d'attaque à nous mettre sous la dent même si les départs de BROUSSAILLE en 8 perforateur permettent d'avancer, que la touche tient le coup et que notre charnière propose un jeu alterné.

Le 8 d'en face prend bien les taquets que se sont promis les 2 grands et que résume DOVE dans une formule et un ton dont il a le secret : "je lui ai mis 2 poires mais il a pas lâché le ballon, ce con… " (ndlr rires)

On ratera une 89 bien amorcée mais avec une passe dans le tempo mal assurée et on se sent, la fin du match arrivant, bredouille de ne pas arriver à ouvrir le score.

Une action dans leur 30 mètres permet de ne pas nous retrouver fanny.

FOREST soigne sa main en position de 1er centre depuis quelques temps.

Les gros pondent une balle toute propre et prometteuse que Clément transmet à LATEX qui voit FOREST lancer la feinte de croisée dans cette Biarritz annoncée et me lance à hauteur pour un essai sous les perches avec EDDY au soutien extérieur. Essai transformé par ledit LATEX.

38 à 7.

Le score en reste là et les visages à la sortie du terrain ne sont pas fermés.

Même FOREST, même moi.

Même si on aurait pu faire beaucoup mieux.

Le club house nous tend ses bras, ses peintes de Guinness, son poulet-riz au curry avalé avant le match des grands programmé des 13h30.

Certains ont des places au fond des poches et s'apprêtent à rejoindre LANSDOWNE ROAD pour une dernière levée dans le Tournoi des 5 puis des 6 Nations du vieux stade de mineurs et son train qui passe sous la tribune.

Notre local de l'étape, le bien nommé LATEX, qui a le souci du partage et des moments en famille offre ses 2 places au tirage au sort de ceux qui n'y sont jamais allés.

Sur neuf, 2 sont récompensés puisque tirés de la main de la Reine LYNETTE.

BROUSSAILLE et PADRÉ sont les chanceux du jour.

Ils s'en vont vivre le Stade, précédés d'EDDY et Clément déjà équipés de place et suivis de l'inhabituelle paire CHEWBAH & BAT'GOUGE bien décidés à acheter du face value au marché noir. BROUSSAILLE franchira de travers l'étroit guichet et le tourniquet rouillé du stade d'un autre siècle sous le regard amusé de PADRÉ.

Ils seront tous récompensés par le beau match qui s'offre à leurs yeux et que nous suivons nous rassemblés en troupeau sous une grande télé, groupés autour de grandes GUINNESS et de tabourets de bar, sûrs et certains désormais que l'heure est à la fête.

Bien persuadés que l'écran géant que suggère la CARIB' en sous-sol ne vaut pas les propositions qu'il fait à l'étage et dont PRINZ est le plus prompt demandeur, nous restons à l'étage du club.

Le club House est à nous, la bonne humeur aussi.

Le moment le plus accompli de ce week end à mon goût que ce partage des bières entre potes devant le beau jeu.

On éponge tout ce que l'on peut avec barres de Bounty et paquets de chips et on sent déjà qu'à ce rythme, une sieste sera le seul moyen de connaître la nuit.

La pause sieste arrive à point nommé et la sommaire literie n'a que peu d'importance. Récupération.

On se retrouve par levées, au fabuleux CAFÉ en SEINE dans lequel TRUFFIER est venu servir quelques mois et qui offre un décor art-déco et festif de début de soirée avant de rejoindre le club lounge réservé par Lynette et qui promet de laisser rentrer la 20aine que nous sommes à partir de 22h30.

Une étape intermédiaire s'impose pour garder le rythme.

3 groupes se dessinent alors à la cerpette.

Un groupe sur l'option Pub traditionnel et musique irlandaise à quelques rues de là.

Un groupe sur l'option lap dance d'un coup de tacot afin de mettre un peu d'adrénaline dans le moteur de la soirée.

Un groupe composé de PADRÉ  et d'un téléphone en rade qui ratent malencontreusement l'intersection des 2. Forcément insatisfait de toute la chance dont il jouit depuis le milieu de la semaine et du tirage au sort du midi, le Padré se retrouve back to the hotel devant les matchs du Calcio, sans moyen de joindre qui que ce soit.

L'option taxi a porté ses fruits, ses fous rires et ses yeux étoilés avant de rejoindre le groupe option 1 qui a pris possession du lounge du SPY, dans lequel Lynette nous a inscrit sous son nom.

Les filles calibrées couches aisées sont dans les parages et quelques-uns perfectionnent l'anglais et la commande de cocktails.

Rigolades sobres et discours sur la méthode de chacun des principaux acteurs de ce ballet aquatique en tout cas très imprégné de boissons que sont : CARIBOU le Némo artichaut, LATEX le Mérou direct, LACAZ l'huître rieuse, MINI MOI la pieuvre embrumée, CHEWBAH le requin observateur, et BAT' GOUGE le poisson pilote.

Le groupe se dissout dans la nuit et quelques verres plus loin non sans avoir tenté d'autres lieux plus tardifs et plus tournés vers la beuverie, avant de tourner la page de ce week-end en terre d'Irlande, le lendemain par la visite de la Brasserie GUINNESS-boisson fil rouge du week-end et sa baie vitrée sur la ville. Le déjeuner sous les premiers rayons du soleil, en se disant j'ai mal au crâne mais demain il fera jour… Les exploits chimiques de Mister T au comptoir Ryanair seront racontés par d'autres que moi.

Je mets à profit le retour en jet privé de copains pour gratter ses quelques lignes et rêver déjà aux prochains beaux chapitres à écrire pour le club.

Bientôt d'autres matchs. Bientôt Barcelone.

 

Solo

 

 

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